Dernières modifications le 07/06/2010


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         Le harcèlement moral est un sujet dont on a beaucoup parlé en France lors de la sortie du livre de Marie-France Hirigoyen (Le Harcèlement moral, Editions Syros). Beaucoup, mais souvent à tort et à travers, ce qui a conduit M.F à publier un nouveau livre: "Harcèlement moral, démêler le vrai du faux". Il est vrai que pas mal de monde s'était mis à employer ces termes pour qualifier des situations qui n'ont aucun rapport, telles des revendications salariales non satisfaites ou profiter du courant porteur pour se faire passer pour une victime.

         Au mois d'avril 2001, une patronne, dans la revue "L'entreprise", qualifiait de harcèlement moral les comptes qu'elle avait à rendre aux actionnaires, au fisc, aux salariés, etc.. alors que cela fait partie des tâches normales d'un patron et justifie partiellement un salaire généralement plus élevé que les autres. Lu aussi, sur un forum, une dame ayant eu à subir une moquerie sur son obésité et ayant remis en place l'auteur. Cette dame considérait cela comme du harcèlement moral. Elle n'a raison que sur l'un des deux termes: "moral" car une agression unique n'est pas du harcèlement. 

        M.F Hirigoyen n'a pas été la première à parler du harcèlement. On peut citer, entre autres, les études de Leymann en Suède, sur lesquelles elle s'appuie. Mais, son livre a permis à de nombreux Français de comprendre que la situation qu'ils vivaient n'était pas forcément due à une erreur de comportement relationnelle de leur part, ce que tentent souvent de faire croire les harceleurs.

        Il convient  de définir préalablement ce qu'est exactement le harcèlement moral car ce dont on entend beaucoup parler est du harcèlement professionnel. Le harcèlement professionnel est du harcèlement moral, mais il n'en est qu'une des formes. Des lois ont été votées pour le sanctionner. Au départ, c'était à l'employeur de prouver que l'accusation de harcèlement n'était pas justifiée. La loi de "modernisation sociale" qui a suivi a obligé le salarié à fournir des preuves. Ceux qui ont connu les débuts de ce site savent que je pressentais une loi équivalente de celle contre le harcèlement sexuel, c'est à dire très restrictive, donc quasiment inefficace.

        Harcèlement moral, c'est suffisamment explicite dans les termes. Harcèlement signifie répétition de longue durée et moral signifie que l'on essaie de viser l'adversaire au moral par des procédés psychologiques. Donc, une engueulade ponctuelle de votre chef n'est pas du harcèlement moral. Dans le harcèlement moral, une (ou des) personne(s) tentent de vous déstabiliser moralement jour après jour, semaine après semaine.

        Preuve que le livre de M.F Hirigoyen a servi de déclencheur, des sites de plus en plus nombreux, consacrés à ce sujet, ont vu le jour sur l'Internet. Pour les formes de harcèlement concernant les enfants (que vous en soyez la victime ou même le témoin, je vous conseille de contacter l'association Poil de Carotte (également dans les liens). Quant à ce site, il n'est pas cité dans les livres, mais il l'est dans les liens de ces associations (du moins ses premières versions sur xoom), parce qu'il a fait partie des pionniers en ce domaine.

        La définition que donne M.F Hirigoyen du harcèlement moral au travail est:" il faut entendre toute conduite abusive se manifestant par des comportements, des paroles, des gestes, des écrits, pouvant porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l'intégrité physique ou psychique d'une personne, mettre en péril l'emploi de celle-ci ou dégrader le climat de travail."   

        A l'origine d'un phénomène de harcèlement, il y a toujours un minimum de deux personnes: le harceleur (appelé pervers narcissique par M.F Hirigoyen, toxique chez Lillian Glass, manipulateur chez Isabelle Nazare-Aga, vampire psychoaffectif par D et K.Rhodes) et la victime. Notre société engendre beaucoup de conflits et que la situation dégénère vers le harcèlement ou reste un simple conflit dépend des deux protagonistes et du terrain.

        Contrairement à ce que j'ai pu lire sur certains sites, les personnalités de pervers et de victimes ne sont pas si floues que cela. Bien qu'il puisse nous arriver à tous d'être tour à tour bourreau ou victime, notre personnalité nous pousse majoritairement vers un rôle plutôt que vers l'autre. De plus, une personne capable d'empathie (faculté de se mettre à la place de l'autre) ne poursuivra pas ses attaques dès qu'elle constatera le mal qu'elle fait à son prochain. Un pervers narcissique est une personne qui est très satisfaite d'elle-même et se remet très difficilement en cause. Du moins, ce sont sous ces  traits que M-F Hirigoyen définissait les harceleurs. Dans la réalité, n'importe qui peut basculer et devenir un harceleur selon les circonstances. M.F Hirigoyen reconnaît que le schéma méchant harceleur contre gentille victime n'est pas crédible pour expliquer tous les cas. Désormais, elle affirme que c'est la société qui est narcissique et particulièrement le monde du travail. 

Désormais, la forme professionnelle du harcèlement est punie par la loi. Mais, il faut savoir aussi que vouloir faire appliquer la loi, à supposer que l'on rentre dans les rares cas qu'elle est censée couvrir suppose:

  1. que le gain apporté par la loi sera supérieur aux ennuis que l'on ne manquera pas de s'attirer. Par exemple, si vous êtes victime d'un harcèlement de vos collègues, il est possible que le patron cherche la solution la plus simple pour lui, c'est à dire de vous éliminer vous, la victime, plutôt que de licencier plusieurs personnes.  
  2. qu'il faudra apporter des preuves (alors que les techniques de harcèlement psychologique sont justement la violence insupportable de petits faits qui, pris isolément, paraissent dérisoires) ou des témoins (encore plus difficile dans une époque où on regarde ailleurs quand quelqu'un se fait agresser dans un lieu public). 

Il faut bien savoir distinguer le véritable harcèlement moral d'une attaque passagère dans le temps. Une agression verbale peut découler de l'énervement d'un individu (bien que cette attaque vous permettra de savoir jusqu'où cette personne peut aller et ce qu'elle pense de vous). Le harcèlement moral est différent d'une simple friction entre individus parce qu'il est parfaitement reconnaissable par la durée, les moyens utilisés et les risques encourus par la victime.

 

Les risques encourus:

Pour la victime, ils sont nombreux et dépendent de sa force de caractère. Cela va d'une mauvaise réputation jusqu'au suicide pour les cas les plus graves, en passant par une certaine destruction psychologique dont elle ne se remettra jamais, même après le départ du (ou des pervers). Des cas sont relatés au Canada où les victimes ont "pété les plombs" et ont assassiné leur famille ou leur bourreau avant de se donner la mort. La victime peut également devenir phobique sociale ( il y avait un excellent site, celui de Christine Couderc: alaphobie.com, mais il semble que le nom ait été récupéré par une société marchande américaine). En effet, voir des personnes d'une intelligence normale, voire quelquefois supérieure, aller dans le sens du pervers, donc les voir se faire manipuler comme des simples d'esprit, cela ne porte pas réellement à avoir confiance dans l'humanité. Une mauvaise réputation, cela peut paraître anodin, mais cela se transmet facilement au sein d'un petit village ou d'une entreprise, même lorsque l'on change de service. Vous n'êtes plus jugé par rapport à vous-mêmes, mais préalablement par rapport à votre réputation et cela permet à un autre éventuel bourreau de reprendre le travail là où il avait été laissé.

Il y a peu, pour le pervers, c'était l'impunité totale. La loi protége désormais THEORIQUEMENT toutes les victimes de harcèlement au sein de l'entreprise que le harcèlement  soit  vertical ou horizontal, mais dans la mesure où celui-ci est dénoncé et reconnu. Par contre, il n'en existe pas contre des parents abusant de leur autorité, tant qu'il n'y a pas de violences sexuelles ou physiques. Lillian Glass dit que le suicide adolescent est en hausse partout dans le monde; les pressions exercées par les pairs et la faiblesse de l'estime de soi sont des facteurs importants de cette hausse. On ne s'étonnera pas que beaucoup de victimes adultes aient été l'objet d'une éducation trop sévère et/ou trop injuste, qui a cassé leur confiance en eux au moment où ils étaient en train de se construire. A l'inverse, on peut avoir le même raisonnement en pensant que les pervers ont, quant à eux, été des enfants à qui on n'a rien refusé et à qui on n'a pas fixé un minimum de barrières morales.

Je pense que la seule solution réside dans l'éducation, comme ça été le cas pour les notions d'égalité entre hommes et femmes il y a peu de temps. Pour l'immédiat, si ceux qui ont une responsabilité hiérarchique quelconque intervenaient dès l'ébauche d'un conflit, l'atmosphère serait plus respirable. Au lieu de cela, on constate souvent que la hiérarchie va dans le sens soit des plus nombreux, soit des plus drôles, sans s'occuper le moins du monde de justice. Il arrive aussi qu'elle fasse semblant de ne rien voir, ce qui lui évite d'avoir à régler le problème. On se retrouve dans la même situation que dans le métro ou dans le train quand une personne se fait agresser ou une femme violer et que tout le monde fait semblant de n'avoir rien vu, de peur de prendre un mauvais coup. C'est en niant sa responsabilité collective que les situations peuvent dégénérer. Les conducteurs des trains qui emmenaient les juifs dans les camps de concentration pouvaient dire qu'ils ne faisaient que leur travail : conduire un train. Même chose pour les fonctionnaires mettant un coup de tampon sur les ordres d'arrestation, etc.. Mais, au bout du compte, cela s'est soldé par des millions de morts.

"Comment cela a-t-il été possible! Quand les nazis sont venus chercher les communistes je n'ai rien dit. En effet, je n'étais pas communiste. Quand ils ont jeté en prison des sociaux-démocrates, je n'ai rien dit. En effet, je n'étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai pas protesté. En effet, je n'étais pas catholique. Quand ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester." Martin Niemuller

Comme l'a dit Daniel MERMET dans "Là bas si j'y suis": "L'inquiétant n'est pas tant le crime d'une minorité que l'indifférence de la majorité".

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